Le rempart de l’escalade

Photo0107La Ligue, composée des catholiques mécontents des concessions accordées aux protestants, s’opposa violemment à l’autorité royale. Le mouvement a été proclamé à Péronne le 15 Mars 1585. Leur chef en était le duc de Guise.

A Senlis l’évêque Guillaume Rose succédant au digne Pierre Le Chevalier, homme de grande bonté, qui fonda le « Bureau des Pauvres » en 1585 (Une plaque à sa mémoire fut placée en salle d’honneur de la Mairie), prit parti pour les ligueurs. Avec Pierre Séguin et appuyé par le duc d’Aumale, ils réussirent à faire imposer Mr de Rasse de Saint Simon, seigneur du Plessis-Chamant, comme gouverneur de la Ville.

Les Senlisiens, fidèles à la cause Royale, firent appel à Mr de Torey (Guillaume de Montmorency) et à son cousin Mr de Boutteville. Ceux-ci purent entrer par ruse dans la ville, se saisir de Mr de Rasse et prendre les clefs de la Ville le 26 avril 1589.

Mais le duc d’Aumale ne l’entendant pas de la sorte, à la tête d’une armée pourvue d’artillerie vint investir la Ville dès le 30 avril. Cette armée reçut des renforts jusqu’à compter plus de 12 000 hommes et 16 pièces de canons.

La bataille fut rude. L’artillerie avait pris une importance stratégique déterminante. Les remparts ont subit des brèches béantes, mais les bastions construits par Mr de Roberval en 1544 ont permis une contre attaque des assaillants par feux croisés. La Ligue fut vaincue, le duc d’Aumale et ses lieutenants furent reconduits à Saint Denis « l’épée dans les reins ».

La vente des biens des ligueurs fut employée à la reconstruction des remparts. Les Senlisiens vouèrent fidélité au nouveau Roi Henri IV à la mort d’Henri III.

Mais Mr de Rasse continuait à transformer son fief du Plessis-Chamant en centre de complot. Il entreprit de s’emparer de la ville par ruse, grâce à la complicité de quelques conspirateurs dans la Ville, membres du clergé et des pères Cordeliers.

Ce fut l’épisode de l’escalade.

Des soldats déguisés en moines ou en marchands étaient arrivés avec de lourdes hottes chargées principalement de cerises. Ils devaient  aider les conspirateurs pendant qu’une armée de 2000 fantassins et de 800 cavaliers s’approchaient durant la nuit du 6 au 7 juillet 1590.

Mais Mr de Thorey fut informé du projet et fit préparer les miliciens de la Ville à repousser les assaillants. Tandis qu’une partie des ligueurs tenta de s’introduire par la brèche encore insuffisamment réparée de la porte de Paris au sud, une autre entreprit, au nord, l’escalade des murailles de Saint Santin qui présentaient alors un point faible.

Malgré sa longue préparation, la tentative de prise de la ville fut manquée. Les conspirateurs furent pendus.

En fait l’escalade n’a pas eu lieu au « rempart de l’escalade », mais puisqu’au nord aucune trace de rempart ne subsiste, l’épisode est rappelé au rempart est, associé aux noms de ses deux héros, Thorey-Montmorency et Boutteville.

1 comment for “Le rempart de l’escalade

  1. Jean-Louis
    23 mai 2009 at 12:20

    Merci pour cette histoire, je ne la connaissais pas.
    Continuez à nous raconter ce genre de récits. C’est simple, court et bien écrit. Bravo !

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